« La réparation » instalation dans le cadre des vingt ans de l’ergo Terro
« J’ai un vélo qui tourne dans le cerveau ! »
Voilà une expression qui me colle à la peau comme une rustine à une chambre à air. Ce petit vélo qui tourne, tourne, m’a amené à deux burn out, à cinq ans d’intervalle. Plus possible de me concentrer, de travailler 10 heures par jour, de faire des simples formules mathématiques, de me lever le matin, de sortir voir le monde que j’essayais de conquérir.
La chute est brutale et se relever est long.
A l’hôpital, je rencontre un jeune homme qui me conseil de suivre un soin en ergothérapie. Je ne savais pas que cela existait pour les accidents psychiques.
Depuis, c’est une rencontre entre l’ergothérapie et mon cerveau. Au début c’est une souffrance d’être ralentie, comme si mon vélo avait une charge à tirer derrière lui et une dynamo qui freine ma roue avant.
La lumière vient alors peu à peu et l’ergothérapie me permet de reprendre une activité hebdomadaire, une raison de me lever le matin, un rendez-vous avec ce cerveau si lent que je dois apprivoiser. La conscience de mes capacités passées est toujours présente et il faut que je comprenne que je dois adapter mes tâches à ces nouvelles capacités, et trouver un côté positif. Ralentir, c’est finalement ce que je fais et cela me permet de réfléchir, de comprendre, d’avancer en prenant le temps de contempler ce que je deviens et de contempler le monde autour de moi.
L’installation que j’ai déposée dans le jardin du centre d’ergothérapie des Terro, à l’occasion de leurs vingt ans, est la représentation du chemin que j’ai parcouru depuis 2020 dans ce lieu qui est comme une île au milieu de la ville bruyante et rapide, aveugle et sans goût. En y pensant, ce lieu c’est un peu comme nous parmi les gens qui ne nous voient pas.
Le chemin commence par une sorte d’animal cerveau qui a pété le plafond de verre (1). Ce cerveau est arborescent ( le cerveau et l’arbre (2) ) avant de pleurer ( le cerveau pleureur (3), puis de brûler ( le burn out (4) ), de souffrir ( le cerveau doux leurre( 5) ). Puis il se reconstruit ( le cerveau recousu ( 6)), se reconnecte (le cerveau reconnecté( 7)), se rassemble (le puzzle ( 8)) jusqu’à atteindre le début de la joie ( la rencontre avec l’étoile de mer(8)).
Les supports des cerveaux est réalisé avec des roues de vélo récupérées sur le chemin pour me rendre à l’ergothérapie de même pour la plaque de verre. Les cerveaux sont réalisés en terre cuite blanche chamottée, puis cirés et composés de clous, de colle, de chambre à air de vélos, de cèpes de vignes brulés et cirés, de câbles d’ordinateurs.
Même texte mais en FALC :
L'œuvre d'art « La réparation »
J'ai fait deux burn-out.
Mon cerveau était trop fatigué.
Je ne pouvais plus travailler ni sortir.
À l'hôpital, on m'a conseillé l'ergothérapie.
L'ergothérapie m'a aidé à aller mieux.
L'ergothérapie aide les personnes qui souffrent dans leur tête.
Cette activité permet de vivre avec ce que je peux encore faire.
J'ai appris à ralentir et à vivre plus doucement.
Pour les 20 ans du centre d'ergothérapie, j'ai créé une œuvre d'art.
Elle est installée dans le jardin des Terro.
Elle montre le chemin de ma guérison.
L'œuvre utilise des roues de vélo et des cerveaux en terre cuite.
Chaque cerveau montre une
étape de mon évolution :
• Le burn-out et la souffrance.
• La reconstruction du cerveau.
• Le retour de la joie.